La commémoration de l’Appel du 18 juin nous renvoie vers l’urgence d’une France pleinement engagée dans le monde et dans l’histoire

Mi-juin 1940, au terme de très durs combats, l’armée française est mise en déroute par les forces militaires du Reich. La Bataille de France fait 100 000 morts, et provoque des destructions considérables.

Le 17 juin, le maréchal Pétain, nommé chef du gouvernement, annonce qu’il va demander aux allemands les conditions de l’armistice. Le lendemain, 18 juin, refusant la fatalité de la défaite, un homme seul, le général de Gaulle, appelle les français à continuer le combat.

C’est le 1er septembre 1939 que les armées d’Hitler ont envahi la Pologne. Le 3 septembre, la France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne.

Le 7 septembre, la France lance une opération dans la Sarre ; les troupes françaises pénètrent en Allemagne, ne rencontrant, contre toute attente, que peu de résistance, car l’armée allemande est mobilisée en Pologne. Pourtant, le commandement français donne l’ordre à nos soldats de se replier derrière la ligne Maginot.

C’est le début de la Drôle de guerre, durant laquelle, Français et Allemands appliquent une stratégie défensive, les Français derrière la ligne Maginot, les Allemands derrière la ligne Siegfried.

La Drôle de guerre prend fin le 10 mai 1940, quand les armées nazies lancent leur grande offensive à travers les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, puis en France à travers les Ardennes peu défendues car réputées infranchissables.

Utilisant la tactique de la « guerre éclair » (le blitz krieg), les armées nazies progressent rapidement. Surprises par la percée de Sedan, les armées françaises, malgré des contre-offensives localisées, battent en retraite, puis se désorganisent.

Le 10 juin, le Gouvernement français quitte Paris pour Bordeaux. L’effondrement militaire provoque la chute de la Troisième République. Le gouvernement est divisé entre ceux qui veulent poursuivre la lutte, et ceux qui réclament l’armistice.

Bénéficiant du soutien du maréchal Pétain, dont l’autorité est incontestée, ces derniers vont l’emporter. Paul Reynaud, président du Conseil, favorable à la poursuite du combat, est remplacé par le maréchal Pétain qui demande l’armistice.

L’armistice est signé à Rethondes, le 22 juin 1940, dans le wagon où avait été signé, 22 ans auparavant, l’armistice qui mit fin à la 1ère guerre mondiale. La fin des combats entre en vigueur 3 jours plus tard.

Tous les Français ne sont pas résignés à accepter la défaite. Certains refusent la soumission et souhaitent poursuivre la lutte. Après l’annonce de la fin des combats, de Gaulle, sous-secrétaire d’État à la Guerre, rejoint Londres pour y chercher le soutien des Alliés.

Il arrive à Londres le 17 juin. Winston Churchill l’autorise à s’exprimer à la BBC. À 18 heures, le 18 juin, de Gaulle enregistre son appel, qui est diffusé vers 22 heures.

C’est un appel au combat, un acte de foi en la victoire finale. C’est aussi un exposé argumenté des raisons d’espérer. De Gaulle replace la tragédie française de juin 1940 dans le cadre plus vaste d’une guerre mondiale, où la France pourra recourir aux vastes ressources de son empire, comme au soutien, qui ne manquera pas de venir, des alliés.

Des phrases brèves, des formules vigoureuses, qui résonnent dans le cœur des Français, et bientôt des milliers d’hommes et de femmes reprennent espoir et se lèvent pour refuser la barbarie nazie.

Les Français recommencent à croire que tout n’est pas perdu, que la victoire de la France est possible. À partir de cet appel, émergent les germes fragiles de la Résistance qui va s’amplifier au fil des mois.

D’abord spontanée et désordonnée, la Résistance se structure progressivement autour du général de Gaulle et de ses représentants sur le territoire, comme Jean Moulin ; elle devient la « France Libre ».

L’appel du 18 juin pousse des milliers d’hommes et de femmes à s’engager dans cette « armée de l’ombre ».

Aujourd’hui, nous rendons hommage à ces hommes et à ces femmes. Aux plus connus, aux grandes figures de la Résistance, mais aussi aux milliers d’anonymes qui ont choisi la clandestinité pour poursuivre la lutte et permettre, par leur bravoure, la victoire des Alliés.

Nombre d’entre eux payent de leur vie leur courage et leur abnégation. Parmi ceux qui répondent à l’appel du Général de Gaulle, 20 000 combattants des forces françaises de l’Intérieur meurent au combat, 30 000 résistants sont fusillés, 60 000 combattants de l’ombre sont déportés.

Ces sacrifices ne sont pas vains. Le rôle de la Résistance française a été déterminant dans la victoire des Alliés sur les Nazis. La participation des français à la guerre, puis leur présence à la table des vainqueurs attestent de l’exceptionnelle valeur de l’Appel du général de Gaulle.

Au lendemain de l’effondrement du nazisme, de Gaulle dessine un autre avenir pour l’Europe. Un avenir fondé sur une coopération entre les nations européennes. Un avenir fondé sur la paix.

La 1ère étape significative de ce nouvel avenir européen a lieu le 9 mai 1950, avec la déclaration de Robert Schumann, ministre des Affaires étrangères, selon lequel l’Europe se construira sur « des réalisations concrètes, créant une solidarité de fait ».

Ainsi, dès 1951, le Traité de Paris institue la Communauté européenne du charbon et de l’acier, qui rassemble la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas.

Selon les précurseurs de la communauté européenne, cette solidarité économique et industrielle rend impossible toute nouvelle guerre entre la France et l’Allemagne.

Les fondations de l’Europe sont ainsi posées.

Depuis les années 60, nos villes ont noué des relations amicales avec d’autres villes européennes.

La Celle Saint-Cloud tisse depuis 1983 des relations solides avec la ville de Beckum, en Rhénanie-Westphalie.

Nous fêtons cette année le 35ème anniversaire de notre jumelage avec Beckum, et cela comporte bien des ressemblances avec les relations d’amitié et de solidarité qui unissent la France et l’Allemagne.

Face à l’euroscepticisme, il faut réaffirmer l’impératif d’unité.

L’Union européenne doit continuer à garantir la paix et la sécurité. Et nos pays ne doivent en aucun cas céder à la tentation de se refermer sur eux-mêmes.

Car ce n’est qu’en restant unie, qu’en adoptant des stratégies communes, que l’Europe pourra peser face aux grands Etats-continents, Russie, Chine, Inde, Etats-Unis, etc.

Aujourd’hui, la commémoration de l’Appel du Général de Gaulle pour une France libre et solidaire nous renvoie vers l’actualité et l’urgence d’une France pleinement engagée dans le monde et dans l’histoire.

Elle nous renvoie à nos devoirs de citoyens, d’européens et de Français !

Vive la République, Vive la France

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