Conflit en Ukraine, la complaisance coupable de l’Europe !

Alors que l’Ukraine est plongée depuis plus d’un an dans l’une des plus graves crises géopolitiques de son histoire, les médias nationaux semblent avoir pris le parti de traiter ce conflit du seul point de vue pro-russe. La Russie qui arme et soutient sans le moindre scrupule les séparatistes, bénéficie d’une incroyable complaisance de la part des médias et de certains acteurs politiques, désignant l’Ukraine comme l’agresseur.

En réalité, les forces pro-russes progressent chaque jour au mépris du droit international et de la souveraineté ukrainienne. Mercredi 18 février, la prise de Debaltseve par les séparatistes a marqué une nouvelle étape de l’avancée des troupes rebelles, peut-être un tournant décisif dans le conflit. Jour après jour, nous assistons à l’agression d’un État libre et souverain par la Russie, dont la politique clairement impérialiste se dévoile sans faux semblants.

En voulant séparer le Donbass, qui représente plus du tiers du PIB ukrainien, du reste du pays, les Russes veulent, avec une claire détermination, pousser à l’émergence d’un Etat croupion ayant perdu toute indépendance économique et stratégique.

Dans les accords Minsk 2, la question de la Crimée n’est même plus mentionnée, tant son annexion par la Russie fait au fond l’objet d’un quasi consensus. Et c’est un contresens historique d’interpréter la cession de la Crimée à l’Ukraine par décret comme un acte n’engageant pas l’avenir, car il est évident que Khrouchtchev n’envisageait aucunement en 1959 la perspective de récupérer ces territoires.

Très défavorables à l’Ukraine en raison du rapport de forces, les accords de Minsk prévoient en outre la création d’un statut spécial pour les « Républiques Populaires » du Donetsk et de Lougansk. Kiev est fermement invité à reconnaître ces territoires comme légitimes et à leur accorder une quasi-autonomie, compromettant gravement l’intégrité du pays.

Avec la mise en tutelle de l’Ukraine, peu après celle de la Géorgie, c’est l’Europe qui est visée au cœur !

Au moment où resurgit la doctrine brejnévienne de la « souveraineté limitée », que l’on croyait à tort dépassée, alors que s’impose à nouveau le concept de « glacis occidental », ce n’est pas faire injure aux russes que de ne pas accepter cette politique de conquête aux portes mêmes de l’Union européenne. Sauf à faire preuve d’un aveuglement et d’une faiblesse coupable, cette politique impérialiste de la Russie est inacceptable et ses conséquences pèseront lourdement et durablement sur le destin de l’Europe.

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