Commémorer le 11 novembre, c’est exprimer notre reconnaissance envers ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie.

Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués,
Mesdames et Messieurs les représentants des associations patriotiques et des associations de la ville,
Mesdames et Messieurs,

Nous commémorons ce matin l’armistice de la 1ère guerre mondiale, signé le 11 novembre 1918, il y a 99 ans. Ce jour-là cessait la guerre, commencée 4 ans plus tôt, le 1er août 1914, l’une des guerres les plus meurtrières que le monde eût jamais connue. Salué par les clairons et les clochers des villages, l’armistice mettait fin aux terribles souffrances des combattants, aux épreuves indicibles endurées par notre pays, comme par les belligérants. A l’occasion de la célébration du cycle du centenaire de la 1ère guerre mondiale, nous commémorons, depuis 2014, les années de cette guerre, chacune marquée d’un sceau particulier.

1914, c’est la déclaration de guerre, la guerre de mouvement ; les hommes n’ont pas encore pris conscience du caractère impitoyable de cette guerre ; mais à la 1ère bataille de la Marne, Joffre stoppe l’invasion ennemie et stabilise le front à seulement quelques dizaines de kilomètres de Paris. C’est en 1915 que commence la guerre de tranchées, une guerre d’usure où les belligérants tentent, tour à tour, de prendre l’avantage au prix d’immenses efforts et de pertes humaines considérables. 1916, c’est l’année des grandes offensives, celle de Verdun, celle de la Somme, qui épuisent les hommes sans véritable résultat stratégique.

1917, c’est une année critique ; on l’a appelée « l’année terrible », une année d’immense lassitude, de profond découragement, d’où surgissent pourtant, ici ou là, quelques lueurs d’espoir. Les souffrances endurées, en 1917, dans les grandes batailles, les Flandres, le Chemin des dames, l’Artois, ainsi que l’incertitude quant au sort de la guerre et l’absence de perspective de victoire, instillent le doute dans l’esprit des combattants et des civils. Malgré une victoire remportée en février 1917 par les anglais dans la Somme, les Français multiplient sans succès les offensives en Champagne. Après une attaque victorieuse de nos alliés sur la crête de Vimy, point fort du dispositif allemand, le front se stabilise à nouveau.

Afin de rompre le front allemand, le général Nivelle, qui a remplacé Joffre, déclenche une vaste offensive dans l’Aisne, entre Soissons et Reims. Les combats sont d’une violence inouïe, mais Ludendorff, général en chef des armées allemandes, parvient à repousser l’offensive française sur la crête du Chemin des Dames. Cette bataille dure jusqu’au 24 octobre, avec des effets stratégiques incertains et de très lourdes pertes humaines dans les deux camps. La démoralisation des soldats, à son comble, entraîne des mutineries.

C’est dans ce contexte que, le 16 mai, Nivelle est remplacé par le chef d’État-major, le général Pétain qui cherche à rétablir le moral des soldats, améliorant le ravitaillement et la logistique et renforçant les positions. Après 6 mois de combats, les allemands subissent de graves revers à la bataille de la Malmaison en Champagne, et sont repoussés. Au printemps 1917, le commandement allié fonde tous ses espoirs sur les nouvelles armes et sur l’arrivée des renforts américains. En avril, de nouvelles armes, le sous-marin et le char, sont mises en œuvre sur les théâtres d’opération. Mais si les allemands mènent une efficace guerre sous-marine, la montée en ligne des premiers chars, comme, pour la 1ère fois, à Berry-au-Bac, n’apporte pas l’avantage décisif escompté par les français et britanniques.

En 1917, ce qui change totalement la donne stratégique, c’est l’entrée en guerre des américains aux côtés des alliés. L’arrivée des troupes américaines va inverser le rapport des forces et apporter aux alliés un puissant dynamisme, un élan nouveau, qui se traduit par un formidable regain de combativité. En 1914, Wilson, président des Etats-Unis, avait pourtant réaffirmé la neutralité américaine, conformément à la doctrine Monroe, qui s’opposait à l’intervention des Etats-Unis en Europe, et interdisait aux européens de s’ingérer dans les affaires américaines.

Ce n’est pas seulement la guerre sous-marine menée à outrance par les Allemands, ni le torpillage du Lusitania, qui conduisent les Etats-Unis à entrer dans la guerre, c’est surtout une conception commune de la démocratie et de la liberté qui unit les alliés et leur enjoint de défendre ces valeurs partagées. Le 6 avril, le Congrès américain vote l’entrée en guerre des Etats Unis. Le 18 mai, Wilson signe la loi instituant le service militaire obligatoire. Le 13 juin, le général Pershing, chef du corps expéditionnaire américain, arrive en France. Dès le 28 juin, les troupes américaines débarquent à Saint-Nazaire et à Boulogne-sur-Mer, soulevant l’enthousiasme des Français. En 1918, ce sera chaque mois plus de 100 000 hommes qui débarqueront en France.

Les unités américaines n’entrent pas tout de suite dans la guerre, car Pershing impose à ses soldats de longs entraînements préalables. Fin 1917 et en 1918, plus de 2 millions de soldats américains sont déployés. Cent mille trouveront la mort au front. L’engagement des EtatsUnis est déterminant, car il apporte aux alliés, au printemps 1918, la puissance et les ressources nécessaires pour faire face à l’offensive des troupes allemandes. Réorganisées par Ludendorff, les troupes allemandes sont fortement accrues par l’arrivée des divisions de l’Est, ramenées sur le front Ouest, après la signature de l’armistice entre l’Allemagne et la Russie.

Lors de la 2nde bataille de la Marne, à l’été 1918, la ténacité des troupes alliées, aidés par les troupes américaines permettra de contenir l’offensive allemande et d’engager la contre-offensive qui conduira à la victoire du 11 novembre 1918.

Le bilan humain de cette guerre est catastrophique : 10 millions de morts, deux fois plus de blessés et 6 millions de mutilés, c’est le sinistre bilan de la 1ère guerre mondiale. La France se tient au 1er rang des vainqueurs. Mais le coût de la guerre est écrasant, une génération de jeunes français a été sacrifiée ; de vastes régions ont été dévastées.

Pour l’Allemagne et ses alliés, mais aussi pour le Royaume uni et l’empire britannique, le prix payé pour cette guerre est tragique. Aujourd’hui, plus que jamais, le combat pour la paix et la liberté doit prévaloir. La paix sur notre continent repose sur la construction d’une Europe unie et forte, une Europe démocratique fière de ses valeurs. C’est pourquoi notre engagement au service de l’Europe, et de son union, doit être entier, même si nous devons toujours en corriger les insuffisances et les défauts.

Alors qu’il ne subsiste plus de témoin direct de la 1ère guerre mondiale, il nous appartient de transmettre le flambeau de la mémoire aux générations qui auront demain la responsabilité de cet héritage. C’est pourquoi je suis heureux de voir ici rassemblés de nombreux jeunes, enfants de nos écoles et de nos collèges, jeunes sapeurs-pompiers et musiciens du Carré des Arts. Commémorer le 11 novembre, c’est exprimer notre reconnaissance envers ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie. C’est aussi réaffirmer notre attachement à la paix et à la démocratie, notre foi dans les principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité.

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