Commémoration de l’armistice du 8 mai 1945

Ce matin, nous commémorons, devant le monument aux morts de notre ville, la fin de la 2ème guerre mondiale, le 8 mai 1945, lors de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie.
Nous rendons hommage aux combattants, aux français libres, aux résistants de l’intérieur, à ceux qui ont pris part à la victoire. Nous exprimons notre reconnaissance à nos alliés, venus du Royaume-Uni, des Etats unis, et de nombreux autres pays.

C’est le 8 mai 1945, que le général Keitel signe la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie, dans Berlin en ruines. Le même jour, le général de Gaulle annonce à la radio la fin de la guerre et la victoire: « La guerre est gagnée ! Voici la victoire. C’est la victoire des Nations Unies, et c’est la victoire de la France. »

Ces paroles qui résonnent encore aujourd’hui marquent la fin de la guerre la plus dévastatrice que l’humanité ait connue jusqu’alors. Mais après 6 ans de conflits, 60 millions de morts, des destructions sans précédent, l’espoir renaissait. Sur les décombres du continent européen, émergeait un monde nouveau.

Aux origines de cette guerre, il faut compter les déséquilibres européens qui ont succédé à la 1ère guerre ; il faut compter les ambitions hégémoniques des puissances de l’Axe, et bien sûr le déchaînement des idéologies totalitaires.

L’annexion de la Pologne par l’Allemagne nazie en septembre 1939 déclenche l’entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni.

Pendant la « drôle de guerre », les armées françaises et allemandes s’observent de part et d’autres des lignes fortifiées, ne se livrant qu’à de rares escarmouches. Et le 10 mai 1940, les Allemands lancent leur offensive sur la France, traversant la Belgique et le Luxembourg.

Les Allemands opèrent une percée à Sedan, que ne parviennent pas à bloquer les forces françaises. L’armée belge, écrasée en quelques jours, capitule le 28 mai.Début juin, les armées d’Hitler balayent les troupes du général Weygand sur la Somme et l’Aisne. L’Italie entre dans la guerre aux côtés des allemands.

Le 17 juin, gouvernement dirigé par le Maréchal Pétain demande l’armistice, qui est signéle 22 juin à Rethondes, devant le monument qui commémore la victoire de 1918 et rappelle l’ « orgueil criminel de l’Empire allemand vaincu par les peuples qu’il voulait asservir ».

Les combats cessent le 25 juin. En 6 semaines, les forces ennemiesont mis en déroute l’armée française, réputée la meilleure du monde depuis 1918.Le régime de Vichy instaure une politique de collaboration, et s’associe, ce faisant, aux crimes du Reich.

Pour ceux qui refusent la défaite et la honte de la collaboration, la guerre ne s’arrête pas. Le 18 juin, le général de Gaulle appelle à poursuivre la lutte. Déterminés à refuser la domination nazie, des milliers d’hommes et de femmes entrent dans la clandestinité et rejoignent la résistance.

Le 7 décembre 1941, le Japon attaque les Etats-Unis à Pearl Harbor, espérant détruire pour longtemps la flotte américaine. Comme en 1917, les États-Unis renoncent à leur neutralité et s’engagentaux côtés des alliés dans la lutte contre les forces de l’Axe, l’Allemagne nazie et l’Empire du Japon. Leur intervention sera décisive.

Le tournant de la guerre intervient en octobre 1942, à la bataille d’El Alamein. Les armées nazies commencent à subir de lourds échecs. C’est le début de la longue reconquête de l’Europe par les Alliés.

Le 6 juin 1944, les forces alliées débarquent en Normandie et ouvrent la route de Berlin. En août 1944, la division Leclerc débarque à son tour sur le sol français. Puis le 15 août, le général de Lattre prend pied en Provence et rejoint les forces alliées qui progressent vers la frontière allemande. En décembre 1944, la quasi-totalité du territoire français est libéré.

Après le suicide d’Hitler et la capitulation de l’Allemagne, la guerre se poursuit dans le Pacifique, et prend fin le 2 septembre 1945 après la capitulation de l’Empire du Japon.

La fin de la guerre marque le terme d’une entreprise sans précédent de destruction et de mort. Dans son principe même, l’idéologie nazie constituait la négation de tout idéal de civilisation, la négation de l’idée de liberté, dela conscience, de la dignité humaine.

Le nazisme incarnait la contradiction absolue avec l’esprit des Lumièressi présent en Allemagne même. Qui pouvait imaginer que le pays de Goethe, de Mozart et de Beethoven, puisse engendrer les horreurs du Reich ?

La fin de cette guerre marque la fin d’un monde, et l’émergence d’un monde nouveau, caractérisé par une volonté de réconciliation et de paix. De nouvelles institutions voient le jour : l’organisation des nations unies, le FMI, la banque mondiale, les accords généraux sur les tarifs douaniers et le commerce, précurseur de l’organisation mondiale du commerce.

La France et l’Allemagne, ennemis héréditaires, agirent main dans la main à la reconstruction et à la construction d’une Europe unie dont les nations ne pourraient plus jamais s’affronter.
Dans les années 1960, les échanges économiques et culturels entre nos pays se développèrent. En janvier 1963, le général de Gaulle et le chancelier Adenauer signèrent le traité de l’Élysée qui visait à renforcer la coopération franco-allemande.

« Il n’y a pas un homme dans le monde qui ne mesure l’importance capitale de cet acte, non seulement parce qu’il tourne la page après une si longue et si sanglante histoire de lutte et de combats, mais aussi parce qu’il ouvre toutes grandes les portes d’un avenir nouveau pour l’Allemagne, pour la France, pour l’Europe et donc pour le monde ».

Grâce à cette coopération européenne, nous vivons en paix depuis 73 ans, fait unique dans notre histoire ; avec l’union, nos pays ont connu un essor économique sans précédent. Il n’y a plus d’« ennemi héréditaire », mais des peuples rassemblés dans l’Union européenne.

Face à la montée des partis nationalistes et europhobes dans plusieurs pays d’Europe, nous devons rester vigilants, et nous demander quelle Europe nous voulons pour demain. Il est grand temps de donner un nouveau souffle à la construction européenne.

En ce jour anniversaire de la signature de la paix, nous pensons à toutes les victimes de la seconde guerre mondiale. Le 8 mai est une journée du souvenir, une journée de célébration de la paix, une journée pour honorer les victimes et les héros de la guerre, une journée pour que vive la République, et que vive la France.

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